Interview de Lyonel Shearer auteur

Le blog Le Monde du Polar m’a récemment consacré une interview dans laquelle je reviens sur mon parcours d’auteur, mes habitudes d’écriture et l’univers de mes romans. Voici un extrait de cet échange, entre aveux sur mes recherches Google les plus douteuses et confessions sur mon lieu de crime idéal…
Extrait de l’interview questionnaire de Lyonel Shearer
Vous écrivez à la main ou au clavier ?
Les deux. Toutefois, mes histoires commencent dans un carnet… parce que Word n’a pas encore inventé l’option tâche de café et marges gribouillées. J’écris également à la main si j’ai un blocage dans une partie du roman.
Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
J’ai toujours été un couche-tard et un lève-tôt. Dormir m’angoissait, un peu moins aujourd’hui, mais les habitudes demeurent. Je suis donc un hybride : couche‑tôt, lève‑tard, et du coup parfois zombie en milieu de journée.
Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
Mon imagination, la tristesse et l’indignation.
À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
C’est très variable. Mon second roman a été écrit en trois mois. Pour « Le goût subtil du venin », il m’a fallu trois ans avec quelques coupures. Tout dépend si mes personnages acceptent de coopérer. Certains m’inspirent, d’autres se mettent en grève et me désespèrent.
Votre plus belle émotion d’auteur ?
Un mélange de fierté et de panique en saisissant mon premier bouquin : fierté d’avoir réussi, panique à l’idée que quelqu’un le lise et ne l’apprécie pas.
Le livre qui vous a le plus marqué ?
« 1984 » de George Orwell. Un roman qui m’a appris que la vraie terreur, ce n’est pas le crime… mais la surveillance permanente.
Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
Conseils pour obtenir une réaction cutanée Je précise : pour un personnage fictif. Sinon, Google aurait déjà alerté la police.
Votre lieu de crime idéal ?
Une plage en plein été, parce qu’entre les parasols, les glaces qui fondent et les cris des enfants, personne ne remarque un cadavre… Surtout s’il fait la planche dans l’eau.
Pour lire l’interview complète, rendez-vous sur : lemondedupolar.com/interview-de-lyonel-shearer-auteur

Interview par le Collectif Editorial Le Colibri Rouge
Les Interviews Littéraires du Colibri Rouge : Lyonel Shearer et son livre “Le goût subtil du venin”
- Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage ? Quelle en est l’inspiration principale et quel message souhaitez-vous transmettre aux lecteurs et lectrices ?
Ce roman policier plonge le lecteur au cœur des montagnes ariégeoises, où la disparition de Chloé Roca entraîne une enquête complexe menée par les gendarmes Pachurka et Anesi. Secrets, mensonges et manipulations rythment cette intrigue captivante. L’histoire met en lumière la manière dont les secrets et les non-dits façonnent les relations et les événements. Le roman aborde la difficulté de fuir son passé, les conséquences inattendues qui en découlent, et les rapports homme-femme, souvent très compliqués. - Comment décririez-vous votre processus d’écriture ? Avez-vous des rituels ou des habitudes spécifiques lorsque vous écrivez ?
Je débute par une marche ! Je m’inspire d’un repère visuel pour alimenter mon imagination. Une anecdote devient mon point de départ, et tout s’enclenche. Sur un carnet, je consigne chaque détail jusqu’à ce qu’une trame émerge, permettant à l’histoire de se structurer autour d’un thème central. - Quelle est la partie la plus difficile de l’écriture pour vous, et comment la surmontez-vous ?
Lorsqu’un roman me pose problème, je préfère ne pas forcer. Je me tourne vers un autre projet, complètement distinct, jusqu’à ce qu’une inspiration me permette de retrouver le cours de l’histoire. Parfois, cette attente dure quelques jours, parfois plusieurs mois, et quelquefois même des années. - Comment développez-vous vos personnages ? Y a-t-il des éléments de votre propre vie que vous incorporez dans vos personnages ?
Tout commence par le choix d’un thème. Une fois celui-ci défini, je crée des personnages qui donneront vie à l’histoire. J’aime jouer avec les perceptions du lecteur en construisant des personnages aux motivations ambiguës. Chaque révélation doit remettre en question ce que l’on croyait savoir. Certains personnages peuvent avoir des connexions avec ma propre existence, mais ce n’est pas toujours le cas. - Avez-vous une routine de recherche particulière pour vos livres, surtout s’ils sont historiques ou nécessitent des connaissances spécifiques ?
J’utilise l’IA dans le cadre professionnel et donc depuis quelque temps, je l’utilise dans mes recherches de sources. Pour les polars, j’ai la chance d’avoir un ami qui travaille sur la branche technique et scientifique de la gendarmerie. - Comment gérez-vous les critiques de vos œuvres, qu’elles soient positives ou négatives ?
Je pars du principe que ce que j’écris doit provoquer des réactions ou éveiller des émotions. C’est pourquoi j’accepte volontiers les retours, même si, je l’avoue, les critiques positives me surprennent fréquemment. - Quel(s) auteur(s) ou quelle(s) autrice(s) vous ont le plus influencé dans votre carrière et pourquoi ?
Je suis un admirateur de Sébastien Japrisot. Ses personnages sont toujours remarquablement bien développés, dotés de personnalités complexes. Ses intrigues sont magnifiquement élaborées et son style est percutant. - Si vous pouviez dîner avec n’importe quel(le) auteur(autrice), vivant(e) ou décédé(e), qui choisiriez-vous et pourquoi ?
René Goscinny, car les Astérix de son époque étaient tout bonnement exceptionnels et mettaient tout le monde d’accord. Enfants comme adultes, chacun appréciait les personnages et les intrigues, mais pas toujours pour les mêmes raisons. - Quel conseil donneriez-vous aux écrivains et écrivaines en herbe qui cherchent à publier leur premier livre ?
Il me semble que la plus grande difficulté réside dans le dépassement de la frustration que l’on peut ressentir face aux réponses négatives des maisons d’édition. Il est bon de garder à l’esprit, dès le début, qu’il est très probable, même si vous croyez fermement en votre manuscrit, qu’il vous faudra envisager l’autopublication. - Comment voyez-vous l’évolution du monde de l’édition et de la littérature avec l’essor du numérique et des réseaux sociaux ?
Le numérique et les réseaux sociaux ont bouleversé l’édition et la littérature, offrant plus d’accès et de diversité, mais aussi une saturation du marché et une pression vers des formats courts et instantanés. Les maisons d’édition traditionnelles ne se réinventent pas assez, préférant privilégier des romanciers stars comme produits marketing. L’intelligence artificielle ajoute une nouvelle dimension, redéfinissant les frontières de la création littéraire. Le défi est de concilier innovation et préservation de la qualité littéraire. - Avez-vous des projets futurs dont vous aimeriez parler ?
Je viens d’achever l’écriture d’un roman, qui ne fait pas partie du genre policier. Ce projet me tient particulièrement à cœur, et j’espère qu’une maison d’édition s’y intéressera, car c’est le dernier que j’ai eu la chance de réaliser aux côtés d’un petit être cher (Fripouille) qui nous a récemment quittés. - Quel est le livre que vous avez lu récemment et qui vous a le plus marqué ? Pourquoi ?
« Comment tout a commencé » de Pete Fromm qui explore avec finesse notre incapacité à percevoir clairement les êtres qui nous sont chers, ici un frère envers sa sœur, ainsi que les répercussions dévastatrices que cela peut engendrer. - Pouvez-vous partager une anecdote amusante ou mémorable de votre parcours d’écrivain(e) ?
Un lecteur de mon premier roman est venu me retrouver dans une librairie où je participais à une séance de dédicaces. Il avait tellement aimé le livre qu’il en a acheté six exemplaires pour les offrir à Noël à ses amis et sa famille. La réaction du libraire était mémorable, il n’a visiblement pas compris ce qui venait de se passer. - Si vous pouviez être un personnage de fiction pour une journée, qui choisiriez-vous et pourquoi ?
Marty McFly, histoire de retourner dans le passé. - Quelle est votre citation préférée sur l’écriture ou la lecture, et pourquoi résonne-t-elle avec vous ?
« Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne. » de Colette. Elle résume parfaitement la difficulté d’être écrivain.
Merci pour cette interview qui nous permet de vous découvrir de manière originale. Beaucoup de succès dans la diffusion de votre livre et merci pour le café. 😉☕😊
Par Marie du Collectif Editorial Le Colibri Rouge : www.naomititov.com

Interview radio par Rémy Torroella sur CFM Montauban
L’écrivain Lyonel Shearer a choisi Montauban et sa région pour planter le décor de son premier roman, Le voleur de temps. Il raconte l’histoire d’un homme d’une cinquantaine d’années qui est tombé dans le coma.
Invité : Lyonel Shearer, auteur
Présenté par Rémy Torroella, CFM montauban, le 15 Juillet 2021